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Les
différentes étapes du développement sportif et psychomoteur de l'enfant
ou Quel sport choisir en fonction de l'âge ?
Stratégie de la motivation, brève analyse entre motivation et méthode (PDF)
La coupure des vacances est-elle bénéfique?
L'apprentissage du geste devra respecter les différentes étapes du développement psychomoteur et psychoaffectif de l'enfant. Chaque mécanisme et ajustement psychomoteur complexe doit être développé après que les stades préalables plus simples aient été bien assimilés.
- on parlera d'éducation corporelle et artistique abordée par le plaisir et le jeu, orientée vers un accompagnement psychomoteur permettant l'expression de l'activité psychomotrice de base de l'enfant par le mouvement et une stimulation psychomotrice qui permet l'acquisition d'un patrimoine moteur : locomotion, grimper, saut, lancer, porter, gestes fins, imitatifs et expressifs. Ces habiletés seront disponibles ultérieurement face à des situations complexes, par mise en mémoire de nombreux programmes d'actions, en respectant les différentes étapes du développement psychomoteur et psychoaffectif. L'enfant pourra s'inscrire dans un club de Baby-Gym, Baby-judo ou Baby-Karaté, des fédérations sportives concernées.
- l'enfant entre dans l'âge de l'apprentissage de l'écriture et de la lecture qui seront facilité par l'aquisition d'une bonne image corporelle, grâce notamment, au mini-sport, en mettant en place les bases de la condition physique: contrôle postural, la coordination, l'équilibre, la latéralité, l'orientation dans l'espace et le temps, la trajectoire, l'anticipation, le placement etc... Il expérimente le geste au travers de jeux avec règles; il se met lui-même en situation de compétition mais n'aime pas les échecs, qui entraînent découragement et désintérêt.
- il contrôle et discipline son geste avec la capacité de maintenir un effort afin d'atteindre un objectif. Il passe de l'initiation sportive au perfectionnement et à la compétition qui font partie intégrante de la pratique sportive, qui conserve toutes ses valeurs éducatives, si elle est librement consentie et si elle ne devient pas une contrainte voire une torture. Elle valorise l'enfant, éveille en lui le culte de l'effort et de la persévérance, le désir de réussir à force de volonté. Elle accélère le processus de prise de décision, permet de s'affirmer, d'extérioriser et de canaliser les réactions d'agressivité, de domination et d'opposition mais avec une violence contrôlée par des règles strictes, en usant de "fair-play". Elle apprend à contrôler les effets du stress. Elle contribue, par l'intérêt qu'elle génère, à réduire l'oisiveté. Elle peut, chez des élèves en difficultés scolaires, créer un centre d'intérêt original qui opère ainsi au sein de la classe, par une hiérarchisation différente, facilitant par le fait même la socialisation tout en réduisant le découragement.
-c' est l'âge des contradictions: le perfectionnement et les remises en question dans une période d' entraînements intensifs. Mais avec le remaniement global de l'adolescence (évolution morphologique, instabilité psychique, apparition de la sexualité), le geste est perturbé, moins précis et moins coordonné. L'adolescent admet de moins en moins l'autorité des parents voire des entraîneurs. La compétition recule dans l'échelle des valeurs, au même titre que le besoin de concurrence, alors qu'il garde un vif intérêt pour le sport non compétitif: L'activité repose alors sur le contact avec un partenaire et sur le développement de l'esprit d'équipe.
- au cours de la deuxième phase de la puberté, les proportions physiques s'harmonisent, l'équilibre psychique se rétablit. L'adolescent reprend goût à l'entraînement et à la performance, qu'elle soit collective ou individuelle, lorsqu'il n'en a pas été définitivement dégoûté auparavant.
Docteur Michel Binder
Pédiatre
Médecine du Sport de l'Enfant et de l'Adolescent
Médecin Fédéral National Adjoint de la Fédération Française de Gymnastique
Expert près de la Commission Médicale de la Fédération Internationale de
Gymnastique
Médecin Fédéral de la Fédération Française d'Etude et de Sport Sous-Marins
Paris, le 11 Septembre 2000
LA COUPURE DES VACANCES EST- ELLE BÉNÉFIQUE ?
La période des grandes vacances arrive souvent à point nommé pour rompre le cycle infernal des entraînements et des compétitions. On évoque parfois la fatigue, dont on ne sait plus bien si elle est d’ordre psychique ou physique. En tout état de cause, chacun s’accordera à reconnaître une certaine forme de saturation. Une coupure semble donc s’imposer afin de permettre à l’athlète de se régénérer.
Ça tombe bien, les vacances approchent. 15 jours, 3 semaines, au soleil, les doigts de pieds en éventail et le corps sera de nouveau d’attaque pour remettre ça de plus belle. Pourtant, après quelques jours sur le lieu de villégiature, on a l’impression que moins on en fait, plus on est fatigué. Le repos que l’on attendait tant, ne semble pas vraiment réparateur, alors que se passe-t-il ? D’autant qu’à la reprise, il faudra un certain temps avant de retrouver toutes les sensations.
Au risque d’en surprendre quelques-uns, il est aujourd’hui démontré qu’une coupure totale de 15 jours et plus, engendre non pas des phénomènes de régénération mais de dégénération. Sur le plan biologique, l’entraînement consiste (entre autres) à exercer sur l’organisme des contraintes afin de provoquer des adaptations. Ces adaptations sont multiples, elles concernent le système ostéo-articulaire (renforcement des os et des cartilages), le système musculo-tendineux (renforcement des muscles et des tendons), les systèmes fonctionnels de production d’énergie et enfin les systèmes neuro-cérébraux (aisance technique). Le sportif a transformé tous ces systèmes par des adaptations successives grâce à l’entraînement. Ceci fait de lui une personne biologiquement plus forte qu’un sédentaire. Un repos complet de 5 à 10 jours est sans véritable conséquence sur ces acquis, une interruption plus longue provoquera des désadaptations néfastes qui déstabiliseront et fatigueront l’athlète pendant son repos et rendront les reprises plus douloureuses et pénibles.
Vous l’aurez donc compris, il ne faut pas couper totalement trop longtemps. Cela ne signifie pas qu’il ne faut pas se reposer de temps en temps, bien au contraire (mieux vaut un peu souvent, qu’une fois longtemps). Mais pendant les grandes vacances, mieux vaut rester actif, surtout si on est fatigué. Mais il s’agira de pratiquer des activités physiques différentes (voir article sur le cross training dans la revue SSPP n°3). Peut-être se rendra-t-on compte alors que la saturation était plus psychique que physique.
Thierry Maquet : Université Paris 12
Christophe Richard/Corinne Bouvat : Service départemental des Sports - Conseil
général du Val-de-Marne